Agriculture, crise économique, développement durable...
À l'occasion du Salon de l'Agriculture qui se déroule ces jours-ci à Paris du 21 février au 1er mars 2009), La GéoGraphie vous recommande une sélection d'ouvrages parus récemment et plus que jamais d'actualité, afin de mieux comprendre les enjeux internationaux face à la protection d'un monde menacé.

Géoéconomie n°46, été 2008
Le krach agricole
Paris, Choiseul, 2008. 150 pages, 17 x 22 cm, broché. - ISBN : 9782916722382
SOMMAIRE
ENTRETIEN : Les enjeux de la présidence française de l'Union européenne, Pascale JOANNIN
DOSSIER SPÉCIAL LE KRACH AGRICOLE
Propositions pour une nouvelle vision de l'agriculture, Jacques CARLES
Marchés agricoles en ébullition: diagnostic et évaluation des risques pour l'économie mondiale, Thierry POUCH
Agriculture: la nouvelle donne mondiale et les perspectives à moyen et long termes, Bruno PARMENTIER
Ne pas sacrifier l'agriculture française, Christian PEES
Les biocarburants: un engagement responsable, Xavier BELUN
VARIA
Le réchauffement climatique : un dilemme du prisonnier aux conséquences catastrophiques, Jean-Paul MARECHAL
Iran : l'émergence d'une puissance régionale, Barry RUBIN
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Nicolas-Jean Brehon
L'agriculture européenne à l'heure des choix : pourquoi croire à la PAC ? Contribution au bilan de santé de la PAC
Paris, Fondation Robert Schuman, 2008. 116 pages, 13 x 20 cm, broché. -ISBN: 9782917433041
La politique agricole commune (PAC) a été profondément réformée depuis 15 ans. Alors que les réformes étaient censées diminuer les prix et éliminer tout risque de surproductions, jamais les prix n'ont autant augmenté et la menace d'une crise alimentaire refait surface.
Au coeur du débat, un enjeu financier majeur : en 20 ans, l'Europe a consacré 1000 milliards d'euros à la PAC qui représente 41% du budget européen. Or la PAC est de moins en moins politique, de moins en moins agricole et de moins en moins commune. Elle n'a guère de sens ni de cap.
La réforme de 2003 a prévu un "bilan de santé" en 2008 : ou ce "bilan de santé" sert à corriger à la marge des dispositions introduites il y a 4 ans, ou bien il offre une occasion d'entreprendre une réflexion de fond pour sortir la PAC du malaise qui la mine. Si la PAC demeure justifiée, le maintien d'une politique agricole dynamique suppose toutefois un certain nombre de conditions et, en premier lieu, la réorientation de la PAC vers son champ d'intervention initial et fondamental : la sécurité alimentaire des Européens.
La PAC doit s'attacher au quotidien des Européens en faisant de l'alimentation un axe fort de ses interventions. Les difficultés actuelles de l'Union européenne sont souvent expliquées par l'attention supposée insiffisante aux préoccupations des citoyens. Lorsque la question alimentaire reviendra au premier plan, une nouvelle PAC renforcée en PAAC (politique agricole et alimentaire européenne) ne pourra que contribuer à relever ce défi.
Nicolas-Jean Bréhon est enseignant en finances publiques à l’Université Paris I Sorbonne. Il a été à l’origine de la création du 1er cours universitaire sur le budget communautaire. Il a été chroniqueur au « Monde de l’économie » de 1999 à 2008.
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Louis Albertini
Agricultures méditerranéennes. Agronomie et paysages des origines à nos jours
Arles, Actes Sud, 2009. 320 pages, 13 x 24 cm, broché. -ISBN: 9782742780518
C’est sur l’étroite bande de terre tempérée qui sépare l’Europe du Nord de l’Afrique tropicale qu’ont vu le jour les cultures emblématiques que sont le blé, l’olivier ou la vigne, et qu’ont été acclimatés des légumineuses, des plantes textiles, maints arbres fruitiers ou ornementaux…
L’agronome Louis Albertini retrace pour nous l’histoire de l’installation et du développement en Méditerranée de toutes ces cultures, des origines jusqu’à nos jours. Pour ce faire, il convoque les précieuses données archéologiques et les écrits des naturalistes et des agronomes grecs et latins. Un savoir gréco-latin qui, conjugué à la tradition nabatéenne, a inspiré les agronomes arabes. Ces derniers, entre le XIe et le XIIIe siècle, ont introduit de nombreuses cultures en Al-Andalus et en Sicile.
Quelques siècles ont passé et la découverte du Nouveau Monde a favorisé l’implantation de nouvelles espèces cultivables. De nos jours, enfin, la multiplication et l’extension des échanges commerciaux modifient toujours plus les équilibres de cette agriculture. Très variés dès leur origine, par leur relief comme par leur couvert végétal naturel, les paysages méditerranéens n’ont donc cessé de se diversifier depuis dix mille ans. Des paysages qu’on aimerait croire éternels, mais dont l’histoire, comme celle des plantes cultivées, méritait d’être racontée.
Louis Albertini a enseigné la protection des cultures et la botanique agricole et forestière à l’Ecole nationale supérieure agronomique de Toulouse, où il a dirigé un laboratoire de recherche en phytopathologie.
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Bruno Parmentier
Nourrir l'humanité. Les grands problèmes de l'agriculture mondiale au XXIe siècle
Paris, La Découverte, 2009. 294 pages, 12,5 x 19,1 cm, broché. -ISBN: 9782707157027
Nourrir les Français ? La tâche est relativement facile depuis qu'a disparu la malédiction millénaire qui rendait chacun inquiet de sa subsistance quotidienne. Nourrir l'humanité ? Un défi bien plus complexe face au scandale des 850 millions de personnes qui ne peuvent manger à leur faim et aux trois milliards d'humains supplémentaires qu'il faudra nourrir en 2050.
Cela frise l'impossible, alors que la planète va manquer d'eau, de terre et d'énergie, et que nous devrons affronter les effets de nos inconséquences actuelles : réchauffement de la planète, pollution, érosion, perte de la biodiversité...
Dans ce livre sont présentés tous les aspects de ce gigantesque défi, sans doute le plus important du XXIe siècle et pour lequel l'agriculture sera à nouveau appelée à occuper le devant de la scène.
Sont ainsi exposées très pédagogiquement les questions de l'avenir des subventions agricoles au sein d'un commerce " mondialisé ", des rapports de l'agriculture avec l'agro-industrie et la grande distribution, du risque de crises sanitaires de grande ampleur, de l'extension de la production d'OGM, mais aussi de l'émergence de nouveaux pays exportateurs (Chine, Brésil), etc.
Un ouvrage aussi complet qu'accessible, qui passionnera agriculteurs et urbains, citoyens et décideurs.
Bruno Parmentier est ingénieur des Mines et économiste. Après une carrière dans la presse et l'édition, il a rejoint en 2002 le milieu agricole en prenant la direction d'une école d'ingénieurs en agriculture.
Le développement durable fondé, au niveau local, sur l'élaboration d'un contrat de gestion du territoire.
Pourquoi le combat pour la conservation de la biodiversité est-il capital ? Parce que le réchauffement de la planète, les changements climatiques, la destruction des habitats mettent en danger les écosystèmes et les espèces animales et végétales. Le déclin des espèces représente non seulement une perte esthétique, mais aussi la disparition de données génétiques irremplaçables. Aujourd’hui, quelles sont les régions les plus vulnérables dans le monde ? Quelles espèces se trouvent menacées ou en voie de disparition ? Quelles solutions sont mises en œuvre pour préserver la planète ?
Comment aujourd’hui concilier productivité accrue, respect de l’environnement et souci de l’équité entre les hommes ?
C'est le plus grand scandale de notre siècle : 854 millions de personnes souffrent de sous-alimentation sur notre planète. Et 24000, dont 18000 enfants, meurent chaque jour de la faim ou de ses conséquences. Pourquoi en sommes-nous encore là ? Ce livre s'appuie notamment sur les analyses d'Action contre la Faim pour exposer comment des populations entières basculent dans la malnutrition. Celle, quotidienne et ordinaire, qui tenaille les paysans et les habitants des bidonvilles des pays en développement. Et celle qui, dans sa phase aiguë - dont les images chocs nous sont, hélas, familières -, décime plus particulièrement les enfants. Autrefois soumises aux aléas du climat, les victimes contemporaines de la faim sont désormais menacées par de nouvelles formes de famines, auxquelles la main de l'homme n'est pas étrangère : le réchauffement climatique, qui pousse les éleveurs des steppes mongoles vers les villes ; les conflits ethniques, qui chassent les civils vers les camps de réfugiés ; la libéralisation des échanges mondiaux, qui paupérise les paysans du Sud. Autant de processus qui engendrent des catastrophes pas vraiment naturelles. Nous entrons dans l'ère des "famines post-modernes". Face à cette injustice, États et ONG se mobilisent. Mais cela ne suffit pas. En 2000, l'ONU s'est engagée à réduire, d'ici 2015, de moitié la population qui souffre de la faim. Le pari est possible. Sera-t-il tenu ?
Deux milliards de personnes souffrent de sous-alimentation chronique et dix-huit millions meurent chaque année de pathologies liées à la faim alors que l’on produit 356 kilogrammes de céréales par personne et par an, quantité amplement suffisante. Nourrir les six milliards d’habitants de la planète reste toujours aujourd’hui une question prioritaire. Les habitants des pays riches exigent abondance, choix et qualité, quand d’autres - en Afrique notamment - meurent de faim. Comment expliquer cette situation ? À l’heure où la production totale de céréales couvre largement tous les besoins de la planète, comment justifier l’existence persistante de carences alimentaires ? Rééquilibrer cette production en déplaçant son centre de gravité des pays actuellement surproducteurs vers ceux où les hommes sont sous-alimentés est l’un des enjeux du XXIe siècle. Mais un autre défi est à relever : les nouvelles technologies, qui promettent d’accroître la production alimentaire, doivent désormais prouver qu’elles ne nuisent pas à la santé du consommateur.
Si la mer, vue du rivage, continue à " danser le long des golfes clairs ", sous la surface, c'est une tragédie qui se joue : à force d'être mangée par l'homme, la mer se meurt. En l'espace d'un siècle et demi, loin des regards, des ressources qu'on pensait inépuisables ont été poussées au bord de l'effondrement par une surpêche qui prélève plus de cent millions de tonnes de poissons par an dans le monde. En pêchant toujours plus loin, toujours plus profond, et à présent toujours plus " petit ", l'homme est en train de transformer les océans du globe en désert liquide. Des bateaux et des technologies toujours plus performants ne laissent aucune chance aux poissons. Du bateau-usine à la pirogue, toutes les embarcations capturent des espèces réputées inaccessibles ou non consommables. Le pillage est systématique et aveugle, car il est particulièrement difficile de sélectionner les espèces capturées. A ce rythme, ce sont des maillons entiers de la chaîne alimentaire marine qui ont déjà été rayés de la liste du vivant, avec comme conséquence, à terme, une déstabilisation inquiétante de tout l'écosystème marin. L'effondrement brutal et irréversible des ressources halieutiques n'est plus une hypothèse fantaisiste. Que font les pouvoirs publics ? Si peu, alors qu'il faudrait une mobilisation générale. On cherche en vain les prémices d'une gouvernance mondiale, seule à même de rétablir la productivité des océans. Et la plupart des pays redoutent de se mettre à dos leurs pêcheurs, la France plus que tout autre... Une mer sans poissons est un état des lieux d'autant plus alarmant qu'il est factuel, et qu'il s'appuie sur une documentation très complète et souvent inédite en français. Après l'avoir lu, on ne pourra pas dire qu'on ne savait pas.
Cet ouvrage rassemble les actes d'un colloque qui s'est tenu à Nantes en janvier 2004 et qui a réuni plus d'une centaine de personnalités parmi les meilleurs spécialistes de la pêche et de l'aquaculture. En quatre parties et quarante chapitres, il permet d'aborder les questions essentielles auxquelles est affronté lé monde à l'aube du XXIe siècle : pillage réel ou supposé des ressources vivantes de l'océan, réponses politiques aux premiers rangs desquelles est examinée la politique commune de la pêche, développement de l'aquaculture, nouveaux enjeux pour le développement et la gestion des territoires littoraux. Nous sortons d'une double période : celle dans laquelle l'aquaculture n'assurait encore qu'une part limitée des protéines d'origine aquatique, celle qui, par voie de conséquence, a vécu un véritable rush sur les ressources marines que les pays riches ont eu tendance à monopoliser en les achetant à bon prix sur le marché mondial ou en lançant de grandes flottilles à l'assaut de l'océan, quitte à signer des accords bilatéraux avantageux avec les pays riverains. De ce point de vue, le nouveau Droit International de la Mer, issu de la convention de Montego Bay, a joué un rôle ambigu, en préservant les intérêts des uns, tout en donnant l'impression de satisfaire ceux des autres. Pour être vivable, le monde futur doit nous faire oublier ce temps de l'accaparement pour entrer dans celui du partage. Ce livre, en apportant quelques bases d'informations solides et en dressant quelques pistes pour un réel développement durable de la planète, cherche modestement à y contribuer.
Océans arctiques, indien, ou mer de Chine… La diversité des océans et des mers est grande, des rivages aux profondeurs abyssales, des pôles à l’équateur. Tous réunis, ils recouvrent les trois quarts de notre planète et constituent un milieu qui régule le climat, intervient dans le cycle de l’eau et influe sur la composition de l’air que nous respirons.